Lou carnesecca, un pontremoli à la tête du basket américain : l'histoire d'une légende
À presque 100 ans, Luigi « Lou » Carnesecca, figure emblématique du basket universitaire américain, s'est éteint, laissant derrière lui un héritage aussi riche que singulier. Son parcours, de la bottega familiale à East Harlem jusqu'à la gloire de St. John's, est une ode à la persévérance et à l'attachement aux racines italiennes, une Histoire que le livre de Lorenzo Mangini révèle avec une précision documentaire saisissante.
Un immigré italien qui a redéfini le basket new-yorkais
Né en 1924 à New York, issu d'une famille d'immigrés de Cargalla, dans la région de Pontremoli, Carnesecca a incarné l'ascension sociale par le travail et l'amour du jeu. Son nom, « Carnesecca », autrefois associé à la fabrication de pancetta, résonne aujourd'hui comme celui d'un bâtisseur, d'un homme qui a forgé une culture au sein de St. John's, transformant l'université en une véritable pépinière de talents. La preuve ? Rick Pitino, l'actuel entraîneur de St. John's, se trouve sur les traces d'un pionnier.
Loin de se conformer au mythe de l'entraîneur flamboyant, Carnesecca était un homme de principes, un « coach de l'ancienne école », comme on aimait le qualifier, où la famille, la foi et le terrain étaient au cœur de tout. Avec ses maillots excentriques, il était un personnage inoubliable, mais c'est son approche humaine, sa capacité à communiquer et à motiver ses joueurs, qui ont véritablement marqué l'Histoire du basket universitaire.

Des racines lunigianes profondes, un ancrage familial indéfectible
L'Histoire de Carnesecca est indissociable de celle de sa famille et de son village natal. Le livre de Mangini plonge au cœur de la Lunigiana, cette région montagneuse toscane, où Alfredo Carnesecca, son père, avait quitté Cargalla en 1922 pour tenter sa chance en Amérique. Les liens avec l'Italie, entretenus par des appels réguliers à sa cousine Ines, des sorties à la pêche et à la chasse avec son oncle Antonio, témoignent d’un attachement profond aux traditions.
Il n'était pas seulement question de cappuccino et de sfogliatella. En 1966, Carnesecca a organisé un clinic historique à Rome, devant près de 400 entraîneurs, révolutionnant la préparation et la stratégie du basket italien. Un moment clé, souvent considéré comme le point de départ de l'âge d'or du basket italien. Un véritable missionnaire du jeu.
Ses joueurs, dont Christian Mullin, Mark Jackson et l'Italien Marco Baldi, ont non seulement connu le succès sur le terrain, mais ont également bénéficié d'une éducation de qualité, une priorité pour Carnesecca, qui voyait dans l'instruction un pilier essentiel de leur avenir. Plus de quarante d’entre eux ont été sélectionnés au draft, dont onze au premier tour, témoignant de son talent de recruteur et de son impact sur le développement de jeunes talents.
Loin des paillettes du basket professionnel, Carnesecca a préféré rester fidèle à sa vision, à son rôle d’enseignant. Même une brève expérience avec les New York Nets de l’ABA n’a pas suffi à le convaincre de s'éloigner de son terrain de jeu privilégié : le monde universitaire.
L'hommage rendu lors de son entrée au Hall of Fame, avec l'étreinte chaleureuse de Sandro Gamba, son ami le plus proche, illustre parfaitement l'impact humain de cet homme, bien plus qu'un simple entraîneur. Lou Carnesecca, un Pontremoli transplanté à New York, a laissé une empreinte indélébile sur le monde du basket, une preuve que l'amour du jeu et le respect des racines peuvent mener au sommet, même au-delà des frontières.