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Rosemarie ackermann : la scandaleuse pionnière du saut en hauteur révèle son petit mensonge

Le monde de l'athlétisme a été marqué par Rosemarie Ackermann, une légende allemande du saut en hauteur, dont le record mondial de 2 mètres franchi en 1977 a défié les conventions et les limites physiques. Mais derrière cette performance historique, se cache une petite « combine », comme l'admet elle-même, qui révèle une époque où la rigueur administrative et les ambitions sportives pouvaient parfois se croiser.

Une taille déclarée, une carrière lancée

Ackermann, qui fête bientôt ses 74 ans, a avoué au SID avoir légèrement gonflé sa taille lors de son inscription. « J'étais en réalité seulement 1,73 m 5, mais j'ai indiqué 1,75 m, car c'était la taille minimale requise pour une carrière de sauteur en hauteur en RDA », a-t-elle confié. Un détail apparemment anodin, mais qui a ouvert la voie à une carrière exceptionnelle et à un moment qui restera gravé dans l'Histoire du sport.

Le 26 août 1977, au Stade Olympique de Berlin-Ouest, Ackermann a pulvérisé les records en franchissant la barre des deux mètres, devenant ainsi la première femme à réaliser cette prouesse. Le silence de la foule, décrit par Ackermann comme « un silence de cathédrale », a été brisé par l'explosion de joie après son saut. Elle se souvient avoir « joint ses mains devant son visage, incapable de retenir les larmes ». Un instant qui a changé sa vie à jamais.

Ce record, né d'un voyage improvisé depuis Kienbaum, un centre d'entraînement, était initialement destiné à servir d'échauffement pour la Coupe du Monde. Ackermann, après avoir établi un nouveau record du monde à 1,97 m, a simplement décidé de tenter le coup : « J'ai pensé : maintenant, il faut essayer les deux mètres. » Un pari audacieux qui a payé.

Bien plus qu

Bien plus qu'un simple record

Mais l'héritage d'Ackermann dépasse largement ce record. Elle est restée fidèle à sa technique du « Wälzer », un straddle unique en son genre, alors que ses concurrentes adoptaient le Fosbury Flop. Sa loyauté envers sa méthode, même si elle n'a jamais atteint les mêmes hauteurs avec cette nouvelle technique, témoigne de sa détermination et de son individualité. Ackermann a ainsi incarné la fin d'une époque, celle des sauteurs d'école, avant l'ère des spécialistes de la technique.

Les récompenses furent nombreuses : 1 500 marks de la RDA, le titre de « Meilleure athlète de RDA de l'année », et celui de « Meilleure athlète mondiale de 1977 ». Cependant, une offre de 10 000 marks, proposée par les organisateurs, lui a été refusée pour des raisons politiques, ne conservant qu'une simple broche offerte lors de la cérémonie de remise des prix. Une amertume persistante, comme elle l'a souvent exprimé.

L'ombre du dopage, qui a entaché le parcours de nombreux athlètes de l'ancienne RDA, a également plané sur Ackermann après la réunification. Bien qu'elle ait toujours nié avoir eu connaissance de pratiques illégales, cette suspicion a terni, selon elle, la reconnaissance de ses autres accomplissements, comme ses quatre titres de championne d'Europe (dont trois en salle) et sa médaille d'or aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976, où elle succéda à Ulrike Meyfarth.

Après sa retraite sportive en 1980, Ackermann a travaillé comme économiste du commerce intérieur, puis comme fonctionnaire à l'agence pour l'emploi de Cottbus. Aujourd'hui à la retraite, elle peut se reposer sur un héritage sportif unique, même s’il est parfois obscurci par les controverses d’une époque révolue. Rosemarie Ackermann, une athlète à part, dont le mensonge initial a permis au monde d'assister à un moment d'exception.