Roma: crise ouverte, les renouvellements bloqués, l'avenir en jeu.
La capitale italienne est en ébullition. Après une déroute humiliante à San Siro face à l'Inter, l'AS Roma navigue à vue, et les fissures au sein de la direction et du vestiaire menacent de précipiter le club dans une crise profonde. Les renouvellements des piliers de l'équipe sont au point mort, et la patience des propriétaires, les Friedkin, semble s'amenuiser à vitesse grand V.
Un noyau dur contesté
Les performances décevantes de la saison, notamment la sortie prématurée de la Coupe d'Italie et de l'Europa League, ont mis en lumière un manque de compétitivité criant. Les investissements massifs réalisés durant les derniers mercatos, s'élevant à plus de 96,5 millions d'euros l'été dernier et qui atteindront 121,5 millions avec le rachat de Malen, n'ont pas porté leurs fruits. À l'exception peut-être de l'attaquant néerlandais, les autres recrues – El Aynaoui, Ziolkowski, Vaz, Bailey, Ferguson, Zaragoza et Tsimikas – n'ont pas répondu aux attentes. Cette réalité a conduit les Friedkin à reconsidérer leur stratégie et à remettre en question le rôle du noyau historique de l'équipe, qui constitue le socle de l'effectif depuis des années.
Le constat est clair : l'intégrité entre l'entraîneur, Gian Piero Gasperini, et la direction est fragilisée. Les paroles du technicien de la semaine dernière, soulignant la solidité des valeurs et de la base de l'équipe, résonnent désormais comme une prophétie pessimiste. Gasperini avait averti : « Sans ces joueurs, vous pouvez facilement retomber en douzième ou treizième position. » Ses craintes se confirment, et la direction semble prête à prendre des mesures drastiques à la fin de la saison.

Les renouvellements sous tension
La situation est d'autant plus préoccupante que les négociations de renouvellement des contrats de Mancini et Cristante sont au point mort. Pellegrini, Dybala, Celik et El Shaarawy sont également dans le viseur de la direction, et leurs prolongations n'ont pas encore été abordées, à l'exception de quelques contacts timides avec l'entourage de Pellegrini. Ce blocage témoigne du malaise profond qui règne au sein du club et de l'incertitude quant à l'avenir de ces joueurs emblématiques.
L'ambiance électrique qui règne à Trigoria se traduira par une réception particulièrement hostile de la part des supporters vendredi soir, lors de la réception de Pisa, le dernier de la Serie A. Le public romain, déçu par le manque d'impact de Gasperini sur le groupe et par l'incapacité de l'équipe à se remobiliser, ne manquera pas de faire entendre sa voix. Ils espéraient voir transparaître la magie de l'Atalanta, mais doivent se contenter de constater des défaites inattendues et une spirale négative difficile à briser.
La Roma est à présent à la merci d'un avenir incertain. La descente aux enfers pourrait être encore plus brutale si l'équipe ne parvient pas à se ressaisir rapidement, risquant même de se retrouver exclue des compétitions européennes. Le club est à la croisée des chemins, et les prochaines semaines seront déterminantes pour son avenir.