Colbrelli, la cicatrice du nord : un retour sur le pavé

Le destin a décidé, dimanche, que Sonny Colbrelli ne découvrirait pas la Parigi-Roubaix, ce monument du cyclisme, mais Capri, pour la première édition d’une chronoscalade à l’effigie de l’île amalfitaine. Un choix qui soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses, surtout après l’immortalité sportive qu’il avait conquis en 2021 sur le ‘Inferno del Nord’ – l’unique victoire italienne de ce siècle sur ce pavé mythique.

Le poids du passé et la volonté de se reconstruire

L’année suivante, des problèmes cardiaques l’ont contraint à l’abandon. Un événement qui, jusqu’alors, il avait préféré ignorer, incapable de revoir la course. « Il a fallu du temps pour faire la paix avec ce qui s’est passé, je n’étais plus capable de regarder la course », avoue le Bresciano, 36 ans. Mais, cette année, il a décidé de se confronter à ses démons. « Dimanche, les Fiandre, je ne me suis pas manqué un kilomètre. »

Une reconnaissance amère, teintée d’une lucidité nouvelle. Colbrelli n’en parle pas avec la fierté d’un vainqueur. « Disons qu’il fait encore mal. Ou plutôt, qu’il me serre à la poitrine de voir les anciens compagnons de course, les coureurs qui ont couru avec moi, se battre avec les grands champions. Je n’ai plus pu faire ça. »

L’avenir, une nouvelle vie loin des pelotons

L’avenir, une nouvelle vie loin des pelotons

La Roubaix, elle, reste une ambition. « Oui, je la suivrai, car elle s’annonce magnifique, comme la Sanremo et les Fiandre. Jusqu’à présent, j'avais toujours regardé seulement les highlights. » Une nouvelle perspective, celle d’un spectateur, pas d’un concurrent. Et un nouveau chapitre, loin des podiums et du stress de la compétition.

« Je ne suis plus sur une ammiraglia. J’ai racheté, avec deux associés, une activité à Salò : location de vélos, visites guidées, mécanicien. » Une reconversion réussie, un nouveau souffle. Et, dans le futur, il espère peut-être revenir à un rôle de directeur sportif, en créant une équipe de jeunes talents.

Van der poel, le favori, et la course à la légende

Van der poel, le favori, et la course à la légende

L’ollandais Mathieu Van der Poel est légèrement favori pour la course. « Sur les montées de Koppenberg, Vecchio Kwaremont et Paterberg, il va à coup sûr. » L’expérience de Filippo Ganna, fraîchement sorti d’une victoire mémorable à l’Attraverso Le Fiandre, pourrait également jouer un rôle décisif. Un coureur connu pour sa ténacité et sa capacité à surmonter les imprévus, comme l’a démontré son parcours à Sanremo et dans les Fiandre. Une ligne de mire claire pour les équipes. »

La Roubaix, 123ème édition : une course où la bataille sera acharnée, comme toujours. Un niveau de compétition exceptionnel attend les coureurs.

Colbrelli, un retour avec la tête haute : il a fait ‘pace’ avec son passé. Un processus graduel qui a nécessité du temps. Il est désormais plus serein, prêt à affronter les défis de la course avec une nouvelle détermination.

Un souvenir impérissable : « Je me souviens de chaque détail, de la A à la zé, du réveil à l’heure où je suis allé dormir. Le moment où j’ai monté sur le podium et que le trophée, ce morceau de pavé, m’attendait, reste gravé dans ma mémoire. C’est le moment où j’ai réalisé ce que j’avais accompli. La complétion d’un rêve. »

L’esprit de la Roubaix : un défi qui se résume dans la lutte, la persévérance et la volonté de surmonter les obstacles. Un hommage à l’histoire du cyclisme.

La Roubaix sera palpitante.