Dorothéa wierer : « j'étais dans un hamster, il fallait que j'arrête »
Le biathlon a perdu une légende. Après une carrière couronnée de succès, Dorothéa Wierer a officiellement mis un terme à son parcours sportif après les Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026. Une décision mûrement réfléchie, révélée dans le podcast « Extrarunde », qui sonne comme une libération après des années d’une pression intense.
Le poids des attentes et la quête d'un final heureux
L'Italienne, triple championne du monde du sprint et vainqueur de 17 mass-starts, a admis avoir frôlé l'arrêt de sa carrière avant même les Olympiques. « Je n'aurais jamais cru que j'arriverais jusqu'à les Jeux », confie-t-elle. Le désir d'un départ en beauté a finalement prévalu, même si la perspective de remporter une dernière fois le petit globe de cristal du sprint n'était plus aussi attrayante. Elle a choisi de privilégier l'émotion et le partage avec ses proches, une décision qui témoigne d'une maturité exemplaire.
La saison d'Östersund, où elle a remporté un sprint dès le premier concours malgré ses doutes, illustre parfaitement cette dualité : une performance inattendue née d'une remise en question profonde. « J'étais sur le point de renoncer, je n'avais plus d'énergie, et puis, d'une manière ou d'une autre, j'ai réussi à me surpasser. On se surprend parfois soi-même », explique Wierer, soulignant la difficulté de concilier performance et bien-être dans le monde exigeant du biathlon.
Elle évoque un sentiment d'enfermement, un rythme effréné qui l’empêchait de réellement prendre du recul. « Les années ont filé à toute vitesse, l'impression d'être dans un hamster, sans temps pour respirer, toujours à courir après les rendez-vous et les entraînements. »

Un adieu grandiose à antholz et la valeur des moments partagés
Les Jeux Olympiques dans son pays natal ont constitué l'apogée de sa carrière, une conclusion parfaite à une aventure sportive exceptionnelle. Wierer, même si elle n'a pas décroché de médaille, a réalisé de belles performances, notamment une cinquième place au départ mass-start. Mais au-delà des résultats, c'est l'ambiance et l'accueil chaleureux qu'elle a reçus à Antholz qui l'ont marquée. « Ce qui compte, ce ne sont pas les médailles, mais les moments passés avec les fans. L'encouragement des techniciens de toutes les nations valait bien plus qu'un simple résultat. »
Le moment de l'hommage rendu à Wierer et à Franziska Preuß après leur dernière course a été particulièrement émouvant, symbolisant la fraternité et le respect mutuel qui unissent les athlètes, au-delà des rivalités sportives. Dorothéa Wierer quitte le biathlon avec la satisfaction d'avoir accompli un parcours exceptionnel et la certitude d'avoir touché le cœur de nombreux fans à travers le monde. La discipline perd une figure emblématique, mais gagne une ambassadrice passionnée.
