Evenepoel reporte au départ de paris-roubaix : une sage décision stratégique ?
Remco Evenepoel ne figurera finalement pas au départ de la 123ème édition de Paris-Roubaix, une absence qui a fait l'effet d'une bombe dans le cyclisme belge. Alors que son troisième place à Gand-Wevelgem laissait présager une participation potentielle à l'Enfer du Nord, l'équipe Red Bull-Bora-hansgrohe a confirmé ce lundi de Pâques que le double champion olympique privilégiera ses objectifs à long terme.

Une stratégie axée sur le tour de france
Jens Voigt, consultant chez Eurosport, a rapidement salué cette décision. « Remco était vraiment exceptionnel à Gand-Wevelgem », a-t-il souligné. « Une participation à Paris-Roubaix aurait été envisageable, la forme était là. Mais Red Bull a un plan précis : viser la victoire finale au Tour de France. Il est logique qu'il se concentre sur ce grand objectif. » La saison déjà bien chargée d'Evenepoel – avec trois courses à étapes majeures (Valence, UAE Tour, Catalogne) au compteur – ne facilitait pas la tâche.
L'absence d'Evenepoel souligne une réalité de plus en plus présente dans le cyclisme moderne : le calendrier est dense, et il est rare de voir un coureur se battre à la fois pour le classement général sur le Tour de France et pour la victoire à Paris-Roubaix. Tadej Pogacar, avec sa capacité à défier les lois du sport, est l'exception qui confirme la règle. Bernard Hinault fut le dernier à réaliser un tel exploit, et même cela reste une performance historique.
« C'est devenu une anomalie dans le cyclisme contemporain », a commenté Voigt. « Mais Pogacar, lui, semble capable de tout. » Le Belge, quant à lui, se concentrera désormais sur les classiques ardennaises, avec une ambition claire : défendre ses titres à Liège-Bastogne-Liège, où il s'est illustré en 2022 et 2023.
Un porte-parole de l'équipe a précisé : « Remco se concentrera comme prévu sur les ardennaises. Paris-Roubaix reste un objectif que nous pourrons envisager ensemble dans les années à venir, mais pas pour l'instant. » La question est désormais de savoir si cette stratégie, pragmatique et axée sur la performance, portera ses fruits.
