Everest : les restes humains révèlent un tragedre continuée

L’ascension de l’Everest, symbole ultime de défi et de persévérance, continue de révéler ses faces les plus sombres. La météo capricieuse et le réchauffement climatique ont transformé la montagne du toit du monde en un théâtre de découvertes macabres.

Un serac instable, un passé inachevé

Les opérations d’aménagement de la voie d’accès au sommet ont été suspendues de nouveau, cette fois à cause d’un gigantesque serac de glace surplombant la cascade du Khumbu. Le risque d’un éboulement massif, susceptible de déclencher une avalanche potentiellement dévastatrice dans l’un des secteurs les plus périlleux de l’ascension, est désormais jugé trop élevé. Une situation où la prudence est de mise, et où l’on se confronte à la réalité brutale de la montagne.

Quarante permis d’ascension avaient été délivrés jusqu’à présent, et les alpinistes, immobilisés, attendent avec anxiété l’amélioration des conditions. Un silence pesant règne au camp de base, ponctué uniquement par les craquements de la glace et les murmures d’inquiétude.

Des restes tragiques à 5300 mètres

Des restes tragiques à 5300 mètres

Mais le silence a été brisé par une découverte troublante. Abiral Rai, guide de montagne expérimenté, a été témoin de la découverte de restes humains à une altitude de 5300 mètres. En compagnie de Sonam Tshering Lama, aspirant guide, il a décelé des fragments d’os et des dents dispersés sur la surface de la glace. « Quand je suis arrivé, j’ai découvert qu’ils venaient de déterrer des restes humains », a-t-il déclaré à Everest Chronicle. La scène, glaçante, confirme une triste réalité : l’Everest ne pardonne pas.

Les informations, relayées par Sonam Tshering Lama via une vidéo, laissent présager une identification possible parmi les trois guides disparus lors d’une avalanche en 2014. Un éboulement d’un serac avait emporté 16 personnes, et cette nouvelle découverte pourrait bien ouvrir un chapitre clos, mais terriblement douloureux.

Un déshérence glaciaire et un coût élevé

Un déshérence glaciaire et un coût élevé

Ce n’est pas la première fois que des corps sont retrouvés dans ces conditions. Le réchauffement climatique accélère le dégel des glaciers, libérant les corps de ceux qui ont tenté l’impossible. Des mains, des jambes, des parties de corps – des indices macabres témoignant d’une lutte sans merci contre la montagne. En 2017, une main avait émergé du froid, au Camp 1. En 2018, un autre corps avait été repêché à la cascade du Khumbu, accompagnés de plusieurs fragments de squelettes au Camp 4. Même des membres avaient été retrouvés au Camp de Base en 2019. Des études récentes révèlent que, parmi les près de 300 alpinistes morts sur l’Everest, au moins deux tiers de leurs corps reposent encore dans la neige et la glace. La récupération de ces corps, opération coûteuse et intrinsèquement dangereuse, peut atteindre 70 000 dollars.

L'intervention des helicoptères

Face à cette situation alarmante, les autorités népalaises ont autorisé l’utilisation de 10 hélicoptères pour acheminer des cordes, des bouteilles d’oxygène et de la nourriture au Camp II. Cette décision, qui s’éloigne des restrictions précédentes concernant les opérations de recherche et de sauvetage au Camp de Base, représente une tentative désespérée d’ouvrir la voie vers le sommet. L’avenir de l’ascension reste incertain, suspendu au vol des hélicoptères et à la volonté de la montagne de céder.