Ferrero: "j'ai besoin d'une pause, pas d'une crise"
Juan Carlos Ferrero, ex-numéro un mondial et entraîneur de Carlos Alcaraz, a pris une direction inattendue. Après la séparation avec le prodige espagnol fin décembre, le tandem avec le golfeur Ángel Ayora pour le coaching mental a surpris autant qu'il a intrigué. Mais loin de l'inquiétude, Ferrero affiche une sérénité étonnante, comme en témoigne son entretien exclusif à MARCA, où il évoque son nouveau rôle, son regard sur le tennis et ce besoin impérieux de respirer après des années d'intensité.
Un nouveau souffle après la tempête
L'image de Ferrero auprès de Pedro del Hierro, loin des terrains de tennis, est une première. "J'ai déjà collaboré avec eux par le passé, c'était très agréable. J'aime l'esthétique, les vidéos, et la marque offre un large choix, tant pour les jeunes que pour ceux d'un peu plus de quarante ans," explique-t-il, soulignant l'attrait d'une marque qui allie élégance et sportivité. Mais le véritable changement réside dans cette pause, cette distance par rapport au circuit professionnel. "De moment, je ne le regrette pas. J'ai besoin de ce temps pour me recentrer, pour voir naturellement quand la flamme reviendra."

Le golf, une voie vers la sérénité
L'association avec Ángel Ayora n'est pas le fruit du hasard. C'est Juan Ochoa, l'entraîneur du golfeur, qui a contacté Ferrero, séduit par son expérience et sa capacité à comprendre la pression de la compétition. "Il cherchait quelqu'un qui pouvait apporter une perspective basée sur l'expérience, un regard extérieur sur la gestion des émotions," révèle Ferrero. Et le tennisman, qui a déjà gratté quelques connaissances sur le golf en accompagnant Sergio García lors du Masters d'Augusta, est agréablement surpris par la rigueur et la précision requises dans ce sport. “Le golf, c'est une action-réaction, une discipline où chaque coup est une conséquence directe de la précédente. Il faut gérer le stress, réagir aux erreurs, maîtriser ses impulsions. C'est un défi passionnant.”

Alcaraz, sinner, et le futur du tennis
Ferrero suit de près l'évolution du tennis mondial, même à distance. Il félicite Alcaraz pour son triomphe à l'Open d'Australie, saluant l'ensemble de l'équipe. Quant à Jannik Sinner, sa défaite face à Novak Djokovic l'a, certes, surpris, mais ne remet pas en question son potentiel. “Il a connu la même déception l'année précédente avec Carlos. Novak, quand il est à son maximum, est tout simplement imprenable.” Ferrero reste convaincu que Carlos Alcaraz peut devenir le meilleur joueur de tous les temps, à condition de maintenir sa motivation intacte et de faire face aux défis qui se présenteront. “Il a encore beaucoup à apprendre, mais il a les qualités pour atteindre le sommet.”

Une pause, pas une fin
Si des offres pour reprendre l'entraînement lui sont parvenues, Ferrero n'a pas encore ressenti l'appel irrésistible. "Ce n'est pas une question de motivation financière, mais plutôt d'une envie profonde de se consacrer pleinement à cette nouvelle aventure avec Ángel. Je prends mon temps, je savoure ce moment de calme, et je suis convaincu que le tennis finira par me rattraper, au moment opportun. L'important, c'est de ne pas forcer les choses.
Finalement, Ferrero semble avoir trouvé un équilibre, une nouvelle voie qui lui permet de continuer à partager son expertise et sa passion, même en dehors des courts. Et c’est peut-être là, dans cette pause, que réside sa véritable victoire.