Gran canaria: la chute libre s'accélère, le gouffre se rapproche
Gran Canaria dégringole. Le club canarien, autrefois prétendant aux playoffs ACB, est désormais agrippé à une corniche au-dessus de la zone relégable, le spectre de la descente planant plus menaçant que jamais. Une spirale infernale qui a débuté en Europe et s'est muée en véritable crise de confiance.
Un échec européen douloureux
L'élimination précoce en Basketball Champions League face à ERA Nymburk a sonné comme un couperet. Le choix de cette compétition, au détriment de l'Eurocup, s'avère aujourd'hui un pari hasardeux. Les espoirs placés dans ce projet européen se sont évanouis, laissant derrière eux un sentiment d'amertume et de désillusion. Le budget conséquent, estimé à 11 millions d'euros, ne justifie en aucun cas une telle débâcle.
Mais le mal est profond et ne se limite pas à l'Europe. En Liga Endesa, la situation est tout aussi préoccupante. Avec une seule victoire en douze rencontres, Gran Canaria accuse un retard considérable sur les équipes placées en milieu de classement. La distance avec les huit premières places, synonymes de qualification pour les playoffs, s'agrandit à vue d'œil. On est loin du Gran Canaria habituel, celui qui disputait les quarts de finale de Copa del Rey et se mesurait aux meilleures équipes du championnat.

Lakovic sous pression, l'ombre du renvoi
L'arrivée de Kassius Robertson et Chimezie Metu, censées redynamiser l'équipe, n'ont eu aucun impact significatif. Le jeu reste confus, les solutions offensives rares. Sur le banc, Sitapha Savané, le directeur sportif, affiche un visage crispé tandis que Jaka Lakovic, l'entraîneur, tente tant bien que mal de remettre de l'ordre dans le chaos. La patience du club s'amenuise. Selon Atlántico Hoy, la direction explorerait déjà d'autres pistes pour remplacer l'entraîneur slovène, dont le temps semble révolu. L'atmosphère au Arena est électrique. Les sifflets et les critiques fusent à l'encontre de la direction, en particulier Savané.
L'affluence, réduite et mécontente, n'est plus un soutien. Pour tenter d'apaiser les tensions, le club a mis en place une politique de distribution de billets gratuits à des écoles et des entreprises. Une initiative maladroite qui a exacerbé le ressentiment des abonnés fidèles, qui se sentent délaissés et floués. L'engagement et la passion des supporters, autrefois fiers de soutenir leur équipe, sont aujourd'hui mis à rude épreuve. On assiste à une véritable fracture entre le club et sa base.
Le Gran Canaria est au bord du précipice. Chaque match est un nouveau test, une nouvelle occasion de sombrer. La descente, autrefois impensable, devient une menace bien réelle. La saison s'annonce comme la plus sombre de l'histoire récente du club.