Gran canaria : lakovic quitte le navire, le club lutte pour sa survie
Le choc face
à San Pablo Burgos (95-109) a sonné comme un glas. Jaka Lakovic n'est plus l'entraîneur du CB Gran Canaria, un départ précipité qui laisse l'équipe au bord du précipice, à une seule défaite de la zone relégable en ACB. Une fin de parcours amère pour un technicien qui, malgré ses déclarations d'optimisme, n'a pas pu redresser la barre.Un naufrage européen et une spirale descendante
L'élimination précoce en Basketball Champions League a été le coup de grâce. Mais la déroute en championnat, avec six défaites consécutives et seulement deux victoires en treize rencontres en 2024, a creusé un fossé profond entre l'équipe et ses supporters. La pression était palpable, les critiques fusant des tribunes. Le vestiaire, visiblement désorganisé, ne parvenait plus à canaliser l'énergie nécessaire pour se battre.
L'erreur de casting dans les recrutements, conjuguée à une perte d'enthousiasme palpable, a transformé les ambitions initiales en une lutte acharnée pour le maintien. Le virage européen, avec l'abandon de l'EuroCup au profit de la BCL, s'est révélé désastreux, ne produisant aucun résultat significatif. Le club, face à cette situation alarmante, a pris la décision difficile de changer de direction sur le banc.
Néstor García, entraîneur argentin, est le principal candidat pour prendre la relève, avec Víctor García assurant l'intérim. Mais au-delà de ce changement de personnel, la question demeure : Gran Canaria a-t-il les ressources pour éviter la descente en deuxième division ?

Un héritage indélébile malgré l'amertume
Il serait injuste d'effacer le parcours remarquable de Lakovic à Gran Canaria. En quatre saisons, il a dirigé 213 rencontres officielles, remportant une historique EuroCup – le plus beau titre du club – et atteignant une autre finale continentale. Sa présence constante en playoffs ACB et en phases finales de Copa del Rey témoigne de sa capacité à hisser l'équipe au sommet. Son approche méthodique et son sens de la consolidation ont fait de lui l'entraîneur le plus emblématique de l'histoire du club.
Pourtant, le sport est impitoyable. La pression des résultats a fini par l'emporter, laissant un goût amer malgré tout. La question qui se pose désormais n'est pas tant de savoir si Lakovic est un mauvais entraîneur, mais plutôt si les circonstances et les choix stratégiques du club lui ont permis de déployer pleinement son talent. Le futur de Gran Canaria est en jeu, et le temps presse. La saga du CB Gran Canaria, autrefois synonyme d'ambition et de succès, s'écrit aujourd'hui dans la sueur et le doute.
