Handball féminin : la roja se fixe une mission : l'amélioration constante
L'équipe espagnole féminine de handball n'a plus rien à prouver en termes de qualification pour le Championnat d'Europe. Pourtant, loin de se reposer sur ses lauriers, le sélectionneur Joaquín Rocamora a affûté son regard et concentre ses efforts sur un objectif bien plus subtil : transformer ces deux matchs à venir contre la Grèce et Israël en un laboratoire de progrès.
Un miroir, pas un adversaire
Oubliez les considérations de classement. Pour Rocamora, ces rencontres ne sont pas une simple formalité, mais une opportunité cruciale de peaufiner les automatismes et de forger l'identité de ces « nouvelles Guerreras ». « Nous ne sommes pas là pour introduire de nouvelles tactiques, a-t-il déclaré à EFE. Nous allons insister sur le travail réalisé la semaine précédente, offrir à celles qui n'ont pas eu l'occasion de s'exprimer une chance de s'intégrer, et surtout, identifier les points à améliorer. »
L'approche est sans appel : l'adversaire n'est qu'un reflet. « Notre référence, ce ne sont pas les autres équipes, mais nous-mêmes. Il faut analyser notre performance avec lucidité, identifier ce qui a fonctionné et ce qui a besoin d'être ajusté. Nous sommes notre propre juge. » Cette philosophie, empreinte d'une exigence implacable, témoigne d'une volonté de construire une équipe durable, capable de rivaliser avec les meilleures nations européennes.
Le constat est clair : les victoires contre l'Autriche, bien que confortables (24-29 à Vienne et 34-24 à Algeciras), ont révélé des marges de progression. Rocamora a particulièrement salué la capacité d'adaptation de ses joueuses, qui ont progressivement intégré ses schémas de jeu.

Défense de fer, nouvelles têtes
La défense est au cœur de la stratégie espagnole, et le sélectionneur souhaite la renforcer avec l'intégration de nouvelles valeurs. L'arrivée de Carmen Arroyo, de retour dans le giron national, et surtout, celle d'Aitana Santomé, jeune espoir polyvalente, ouvre de nouvelles perspectives. « Aitana est une joueuse qui peut évoluer à plusieurs postes en première ligne, et nous souhaitons voir comment elle s'intègre dans notre système défensif. Sa puissance motrice lui permet de défendre sur de larges surfaces. »
L'intégration de ces nouvelles joueuses s'inscrit dans une démarche globale de renouvellement, sans pour autant renier l'expérience. Belén Rodríguez, jeune prodige révélée lors des championnats du monde et d'Europe juniors, suscitent un enthousiasme palpable. «p>Pour moi, Belén est une joueuse totale, capable de créer des avantages en un contre un, en deux contre deux, et de les exploiter. » Son talent exceptionnel pourrait bien apporter une nouvelle dimension à l'attaque espagnole.
Avec deux matchs décisifs à venir, l'Espagne entend conclure cette phase de qualification sur une note positive, confirmant ainsi son statut de favorite pour le Championnat d'Europe de 2026. Mais au-delà du résultat, c'est l'amélioration continue qui sera le véritable baromètre du succès de cette nouvelle génération de Guerreras. Le chemin est encore long, mais la marche est tracée : l'Espagne se regarde dans le miroir et s'y reconnaît une équipe en constante évolution, déterminée à laisser son empreinte sur le handball européen.
