Le congo retarde pickel : un feuilleton africain agace l'espanyol
L'Espanyol Barcelone se retrouve dans un drôle de pétrin. Charles Pickel, milieu de terrain sénégalais prêté par le club, est bloqué à Kinshasa, conséquence directe d'un zèle patriotique congolais qui frise l'absurde. Une affaire qui met en lumière les bizarreries récurrentes du football africain et qui risque de laisser des traces dans les relations entre clubs européens et fédérations.

L'euphorie nationale prend le pas sur les obligations contractuelles
L'histoire est simple, en apparence. La République Démocratique du Congo s'est qualifiée pour la Coupe du Monde, un événement historique qui a déclenché une vague de festivités nationales. Le président Félix Tshisekedi a d'ailleurs honoré les joueurs de la consécration en les anoblissant, les intronisant au rang de Chevaliers de l'Ordre National du Léopard. Une distinction prestigieuse, certes, mais qui a eu un effet pervers : la fédération congolaise a refusé de libérer ses internationaux à temps pour rejoindre leurs clubs respectifs.
Résultat : Charles Pickel, comme Bakambu, n'a pas pu fouler les terrains de La Liga ce week-end, privant l'Espanyol de deux éléments importants. Manolo González, l'entraîneur perico, n'a pas masqué son agacement avant la rencontre contre le Betis : "C'est inadmissible. Nous avons besoin de nos joueurs, et on nous les refuse pour des célébrations qui auraient pu être organisées autrement."
Le club espagnol a d'ores et déjà déposé une plainte formelle auprès de la FIFA et des instances compétentes. Une démarche logique, mais qui ne résoudra pas immédiatement le problème. Il faudra attendre demain pour revoir Pickel s'entraîner avec ses coéquipiers et prétendre à une place dans le derby contre le FC Barcelone. Une attente qui s'annonce longue et frustrante pour les supporters de l'Espanyol.
Ce n'est pas la première fois qu'une fédération africaine prend de telles décisions, au détriment des clubs européens. Mais cette fois-ci, l'ampleur des festivités et la nature des distinctions honorifiques rendent la situation particulièrement cocasse. On se demande bien si le football africain, riche de son authenticité et de son imprévisibilité, ne sacrifie pas parfois ses ambitions au profit d'une course au prestige national.