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Masters d'augusta : la messe espagnole se réduit à trois

Le parcours hanté de l'Augusta National a toujours eu une saveur particulière pour l'Espagne. Cette année, face à l'absence de titans comme Tiger Woods et Phil Mickelson, seuls trois joueurs tricolores se présenteront au Masters, un chiffre qui interroge sur l'évolution du golf espagnol de haut niveau.

Un trio d

Un trio d'exception à l'épreuve du temps

Ce seront donc Severiano Ballesteros - disparu bien trop tôt, mais dont la légende résonne encore sur les greens -, Sergio García et Jon Rahm qui porteront haut les couleurs de l'Espagne. Le premier, double vainqueur en 1980 et 1983, sera honoré par la présence de ses proches, un moment empreint d'émotion et de nostalgie. García, triomphateur en 2017, arrive avec une honnêteté désarmante : « Je ne suis pas à mon meilleur niveau, mais on va voir ce que ça donne. » La nomination de sa fille Azalea, clin d'œil au trou numéro 13, témoigne de l'attachement viscéral du joueur pour ce lieu mythique.

Mais l'attention se concentre indéniablement sur Jon Rahm. Le champion de 2023, fort d'un début de saison LIV Golf tonitruant – une victoire, trois deuxièmes places et une cinquième place en cinq tournois – apparaît comme le grand favori. Sa régularité est frappante : dix participations au Masters, dont quatre top 10 et jamais manqué de coupé. La statistique parle d'elle-même : il est l'espérance la plus tangible de la victoire.

José María Olazábal, également double vainqueur, se dit « privilégié » de fouler à nouveau le gazon d'Augusta. Âgé de 60 ans, il a récemment affiché de belles performances sur le Champion Tour, la tournée réservée aux plus de 50 ans. Ses mots résonnent comme un hommage à un lieu qui a marqué sa carrière : « Chaque fois que je reviens ici, c'est un endroit très spécial pour moi, pour mon cœur. » Il s'agit de sa 37ème participation, un record qui témoigne de sa fidélité à ce tournoi légendaire.

L'absence de plus de joueurs espagnols, si l'on compare avec les années passées, soulève des interrogations. Est-ce un symptôme d'un déclin relatif du golf espagnol, ou simplement une conjoncture particulière ? Seul le temps nous le dira. Mais pour l'heure, le trio présent à Augusta devra faire le travail, et espérer que la résilience et le talent sauront transcender ce nombre limité.