Monte-carlo : piatti décrypte la hiérarchie et lorgne sur l'avenir
Riccardo Piatti, l'éminence grise du tennis, a livré un éclairage sans concession sur l'état de la planète balle jaune, à l'aube du Rolex Monte-Carlo Masters. Si Sinner et Alcaraz semblent s'être établis comme les références incontestables, la compétition est loin d'être réglée, avec des talents émergents et des vétérans en quête de renaissance.
Le terre battue, un juge de paix impitoyable
Pour Piatti, la terre battue révèle les failles de chaque joueur. "Le tennis sur terre, surtout en trois sets, est le plus beau et le plus difficile. Il faut savoir glisser, maîtriser la bille, faire preuve de patience. Des éléments essentiels qui manquent sur d'autres surfaces," explique l'entraîneur de champions comme Djokovic, Sharapova et Sinner. Monte-Carlo n'est donc qu'une étape de rodage, un moment pour ajuster les réglages après la tournée sur dur.
Mais le temps est un facteur limitant. “Deux semaines minimum. Mais les tennistes n'en ont pas. Il faut utiliser intelligemment les jours. Ma règle est : faire au moins 5-6 matchs avant le tournoi où l'on veut faire bonne figure”. Une préparation cruciale, surtout quand on est au sommet, là où Alcaraz et Sinner, selon Piatti, semblent avoir une longueur d'avance. “Alcaraz s'adapte plus facilement au rouge, Jan aura peut-être besoin de plus de temps.”

La course à roland-garros s'annonce palpitante
Le regard de Piatti se tourne déjà vers Paris. “Alcaraz et Sinner ont tous deux les yeux rivés sur Roland-Garros. Celui qui arrivera le mieux préparé remportera.” Derrière les deux géants, Zverev, bien que parfois manquant de flexibilité tactique, apparaît comme une menace sérieuse. Et il ne faut pas sous-estimer Musetti, capable de briller sur sa surface de prédilection. L'émergence de Fils, “fort comme un taureau”, et la progression de Fonseca, malgré un manque de matchs internationaux, sont également suivies de près par l'ancien coach.
“Fonseca doit jouer 150 matchs avant qu’on ne puisse sérieusement parler de lui.” Piatti est clair : l'expérience est un atout majeur dans le haut niveau. Il observe également Fils avec intérêt, notamment après son passage à son académie, soulignant son intelligence et son ambition.

Sinner, un nouveau palier
Le Sunshine Double remporté par Sinner n'est pas une surprise pour Piatti: “Sinner a amélioré tous les aspects de son jeu, pas seulement son service. Il a aussi gagné en puissance physique.” La question est de savoir comment il interprétera la terre battue, et s'il sera suffisamment agressif dans les moments clés, notamment sur la seconde balle. Piatti insiste sur l’importance de la clarté des objectifs et la soif de victoire, évoquant en exemple Maria Sharapova.
Quant à Djokovic, Piatti anticipe un retour en force à Roland-Garros, après une terre battue moins éprouvante. “Nole arrivera à Paris sans s’être massacré, là et à Wimbledon, le vrai Djoker sortira.” Un fan inconditionnel, il lui accorde encore la possibilité de décrocher un nouveau Grand Chelem.