Odermatt : le renrhund suisse domine le ski alpin
Marco Odermatt a consolidé son hégémonie dans le ski alpin, remportant pour la cinquième année consécutive le Globe de Cristal général et ajoutant deux petites globes de vitesse à son palmarès. Un privilège indéniable pour la Suisse de compter un tel athlète dans ses rangs, un pilote qui s'inscrit déjà dans l'histoire de ce Sport.

L'analyse de helmut krug : un talent rare
Le secret du succès d'Odermatt ? Helmut Krug, son entraîneur de slalom géant, l'évoque avec admiration. « Marco est unique », confie Krug à CH Media. « Je n’ai jamais rencontré un athlète de son calibre. On ne peut qu'imaginer ce qui se passerait si l'on pouvait accéder à son esprit… ce serait fascinant. » Il insiste sur la nature quasi divine de ses aptitudes : un don inné, couplé à une maturité étonnante. Il gère ses forces avec parcimonie, tant sur les pistes qu'au niveau médiatique, privilégiant l'essentiel et triant avec soin ce qui compte vraiment. Il semble, en réalité, moins affecté par la pression médiatique que les légendes passées comme Hirscher, Maier ou Zurbriggen.
Plus qu'un simple skieur, Odermatt est une source d'inspiration pour ses coéquipiers. Il est, selon Krug, un véritable « Rennhund », un terme allemand qui désigne un chien de course, synonyme d'énergie et de détermination. L’entraîneur précise que certains athlètes possèdent cette capacité à repousser leurs limites en compétition, à prendre des risques calculés sans craindre l'échec. Et Odermatt en est le parfait exemple. Les champions d'entraînement sont légion, mais les victoires en compétition représentent une autre dimension, un véritable Sport à part entière.
Un entraîneur superflu ? Krug estime qu'à ce niveau de performance, l'apport d'un entraîneur devient presque anecdotique. « Quand un athlète atteint le niveau de Marco Odermatt, vous pourriez aussi bien le confier à un ramoneur », plaisante-t-il. Son rôle premier est de guider des athlètes comme Lenz Hächler vers le sommet, ou de remettre en forme des blessés comme Gino Caviezel. Pour Odermatt, l'objectif est de lui offrir « un entraînement parfait », lui permettant de se régénérer rapidement et de rester au sommet. Le maintien de ce succès à long terme, c’est là le véritable défi, une bataille que la Suisse doit mener avec acharnement.
Loin de se focaliser uniquement sur son prodige, Krug souligne l'importance du collectif. « Si nous nous concentrions uniquement sur Marco, les autres se briseraient. Ce n’est pas ce que nous voulons, et encore moins ce que Marco souhaite. Il est un vrai joueur d'équipe, désireux d'aider les jeunes à progresser. C’est ce qui rend cette équipe si forte. »