Radares dynamiques : la dgt intensifie la surveillance des routes
La Dirección Générale de la Circulation (DGT) espagnole va déployer une nouvelle génération de radars mobiles, capables de détecter les excès de vitesse à une distance stupéfiante. Un investissement de 1,02 million d'euros permettra à la Garde Civile de renforcer sa présence sur les routes, mais soulève aussi des interrogations quant à l'équilibre entre sécurité et libertés individuelles.

Une technologie de pointe pour une surveillance accrue
L'acquisition de ces 13 à 15 radars, signée avec la société Tradesegur, repose sur le modèle TruCam II, un appareil d'une sophistication remarquable. Grâce à la technologie Lidar, il émet des impulsions laser pour mesurer la vitesse des véhicules avec une précision chirurgicale, jusqu'à 1 200 mètres de distance. Un chiffre qui dépasse l'entendement, car il permet de relever les infractions bien avant que le conducteur ne réalise qu'il est sous surveillance. L'optimisation de la netteté de l'image se situe entre 150 et 300 mètres, assurant une identification infaillible des plaques d'immatriculation.
Ce n'est pas seulement la portée qui impressionne. Le système intègre un autofocus dynamique, un auto-iris pour s'adapter aux conditions de luminosité, et un écran LCD extra-large pour une lecture aisée des données. La rapidité de capture est également remarquable : une image par seconde, permettant une documentation précise et irréfutable des infractions. La connectivité Ethernet et Wifi assure une transmission en temps réel des données vers les centres de traitement, optimisant ainsi l'efficacité du contrôle.
Mais au-delà de ses caractéristiques techniques, l'avantage majeur de ces radars dynamiques réside dans leur capacité à contrer le « freinage fantôme ». Fini le temps où les conducteurs ralentissaient brusquement en apercevant un radar fixe ; ces dispositifs mobiles se déplacent, rendant la triche plus difficile, et assurant un contrôle continu de la vitesse sur l'ensemble du réseau routier.
L'annonce de ce déploiement s'inscrit dans un plan plus large de la DGT, visant à installer 122 nouveaux points de contrôle d'ici 2025, dont 33 ont déjà été mis en place au cours des derniers mois dans 11 communautés autonomes. Le coût unitaire de chaque radar, estimé entre 70 000 et 80 000 euros, témoigne de l'investissement massif consenti par l'État pour améliorer la sécurité routière.
La question éthique se pose cependant : jusqu'où peut-on aller dans la surveillance des automobilistes au nom de la sécurité ? Le risque de dérives et d'une perception intrusive de l'État ne doit pas être négligé, même si l'objectif affiché est de réduire les accidents et de sauver des vies. Une vigilance constante est donc de mise.
