Record absolu : la dgt multiplie les amendes en espagne
L'Espagne bat tous les records. La Dirección General de Tráfico (DGT) a enregistré plus de six millions d'amendes en 2025, une explosion sans précédent qui témoigne d'une répression accrue sur les routes. Une sanction toutes les 11 secondes : l'ampleur du phénomène est saisissante.

L'état espagnol amende à un rythme effréné
Le Anuario Estadístico General de la DGT révèle une augmentation vertigineuse, près de 12% par rapport à l'année précédente (5,413 millions d'amendes en 2024). Ce chiffre, bien plus qu'un simple nombre, se traduit par une moyenne de 16 729 contraventions par jour, soit 5,16 par minute. Le rythme s'accélère, et l'impact sur les conducteurs est indéniable. Il est clair que la politique de tolérance zéro de la DGT porte ses fruits, mais à quel prix ?
Madrid domine le classement des provinces les plus contraignantes, avec 721 465 amendes, représentant près de 12% du total national. La Comunidad Valenciana et Cadix suivent, mais avec une marge considérable. Il convient de noter que les données des provinces catalanes et basques, qui ont transféré leurs compétences en matière de circulation, ne sont pas incluses dans ce rapport, ce qui pourrait fausser légèrement l'image globale.
L'évolution est spectaculaire. Dès 1990, on comptait 3,088 millions d'amendes ; en 2000, ce chiffre était déjà en baisse à 2,224 millions. Puis, à partir de 2004, la tendance s'est inversée, culminant avec les six millions d'aujourd'hui. La pandémie avait brièvement freiné cette progression, mais la reprise a été fulgurante, avec cinq millions d'amendes en 2022 et un nouveau record en 2025.
Le volume des amendes a ainsi triplé depuis le début du XXIe siècle, une multiplication par 2,7 qui interroge sur la stratégie à long terme de la DGT. Mais l'impact financier est tout aussi impressionnant. Si l'on se base sur les estimations d'Automovilistas Europeos Asociados (540 millions d'euros en 2024 pour 5,41 millions d'amendes, soit une moyenne de 100 euros par contravention), les recettes de la DGT en 2025 dépasseraient les 600 millions d'euros, sans compter les contributions des provinces catalanes et basques, qui, compte tenu de leur parc automobile, sont loin d'être négligeables.
La question qui se pose n'est pas tant de savoir si la DGT atteint ses objectifs en matière de sécurité routière, mais plutôt de déterminer si cette multiplication des amendes est une solution durable et équitable. La ligne est mince entre la répression nécessaire et le harcèlement fiscal.