Mercedes eqs : le volant de l'avenir, ou un pari risqué ?
Oubliez le cercle parfait. Mercedes-Benz vient de bouleverser un dogme automobile séculaire en présentant un volant radicalement nouveau pour son EQS, le fleuron de sa gamme électrique. Un pari audacieux qui pourrait redéfinir l'expérience de conduite, ou bien s'avérer une aberration coûteuse.
Une révolution technologique : le steer by wire
Pendant des décennies, le volant et les roues d'une voiture ont été physiquement liés par une colonne de direction. Fini cela. Le nouveau EQS inaugure le système Steer by Wire, une Technologie qui rompt cette connexion ancestrale. Le volant n'est plus qu'un capteur, transmettant les intentions du conducteur à un ordinateur central qui, lui, pilote les roues via des impulsions électriques. Une rupture majeure, comparable à l'abandon du démarreur mécanique au profit d'un système électronique.
Les promesses sont alléchantes : une assistance à la direction plus douce, une réduction significative des vibrations ressenties par le conducteur, même sur les routes dégradées, et une agilité accrue grâce à un essieu arrière directeur parfaitement synchronisé. Mercedes-Benz affirme avoir accumulé plus d'un million de kilomètres d'essais pour calibrer au mieux ce système complexe.
Mais le plus spectaculaire reste la forme du volant lui-même. Abandonnant la rondeur traditionnelle au profit d'une esthétique futuriste, rappelant davantage le manche d'un avion, il se présente comme un arc incomplet, offrant une meilleure visibilité du tableau de bord et libérant de l'espace pour le conducteur. Une esthétique audacieuse, qui témoigne de la confiance de la marque dans sa Technologie.

Moins d'effort, plus d'agilité : les avantages concrets
L'un des atouts majeurs du Steer by Wire réside dans la réduction de l'effort nécessaire pour tourner le volant. Fini la fatigue lors des longues distances ou des manœuvres répétitives. De plus, la suppression de la liaison physique avec les roues se traduit par une filtration accrue des vibrations, offrant un confort de conduite supérieur.
Et l'agilité ? Elle est améliorée de manière significative, notamment grâce à l'intégration d'un essieu arrière directeur qui permet des changements de direction plus rapides et précis. Les virages deviennent plus faciles, les manœuvres de stationnement, un jeu d'enfant. Le système est calibré pour offrir une stabilité accrue à haute vitesse, un atout non négligeable sur autoroute.
Un détail étonnant : pour effectuer une rotation complète du véhicule, il suffira désormais de tourner le volant de seulement 170 degrés, soit bien moins que les 360 degrés habituels. Une caractéristique qui rappelle les systèmes de direction utilisés en Formule 1, où la réactivité est primordiale.
Bien sûr, cette innovation n'est pas sans susciter quelques interrogations. Le changement de 'feeling' au volant pourrait nécessiter une période d'adaptation pour les conducteurs habitués aux systèmes traditionnels. Mais Mercedes-Benz semble avoir anticipé ces réticences en développant un système intuitif et progressif.
Le Steer by Wire sera proposé en option sur toutes les versions du prochain EQS. Pour ceux qui préfèrent la familiarité d'une direction électromécanique conventionnelle, l'option restera bien évidemment disponible. La question est désormais de savoir si le public adhérera à cette rupture radicale, ou si le volant rond finira par triompher, comme Tesla l'a amèrement découvert.
La marque à l'étoile a pris un risque. L'avenir nous dira si ce pari technologique sera salué comme une percée visionnaire, ou condamné comme une lubie passagère.